mardi 16 juin 2009

Correns et les déconvenues...


Les déconvenues arrivent avec le premier jour. Point de biodynamiste à Correns, qu'à cela ne tienne je recontrerai des bio tout court.
« 1er village bio de France » s'autoproclame Correns, mais tous les agriculteurs n'y sont pas bio pour autant, marketing quand tu nous tiens...
Je me rends logiquement à la coopérative vinicole où je dois bien comprendre, quand même, qu'on n'a pas le temps de me recevoir, que c'est le bazar et que désolé, merci bien. Et paf!!!
Je tente donc la rencontre avec les coopérateurs (ceux qui ont des parcelles de vignes et qui vendent le raisin à la coopé labelisée AB), le premier que je rencontre n'est pas bio (alors que son raisin sert à faire du vin « issu de l'agriculture biologique »), pis que ça, il est en agriculture raisonnée. C'est quoi donc l'agriculture raisonnée? Du vent, un gros mistral marketing doublé d'une tramontane d'hypocrisie. Tout y est permis, glyphosate (Round-Up) compris, simplement le labelisé s'engage à être raisonnable. Donc? Donc les labels sont des attrape-estrasses; je le savais déjà plus ou moins, mais là au moins c'est clair et net.
Gentil pigeon!
Le troisième est le domaine du premier élu, tout aussi labelisé. Le monsieur qui me reçoit trouve que ça ne vaut pas le coup de faire des photos (!!!!!!!!!!!!!!) et que Mr le propriétaire (« comme je n'l'admire pas beaucoup ...»!) ne reçoit que sur RDV et qu'avec toutes ses activités diverses il n'a pas vraiment le temps (pour ce genre de rigolades illuminées???)
Nulle part on ne m'a proposé de goûter un vin. Un vrai passionné de son propre vin a envie de le faire déguster aux curieux, de le partager avec des amateurs éclairés. Ici point! Avec mon paquetage imposant, mes gros godillots et mes gouttes de sueur au front, ils ont bien senti que je n'étais pas là pour acheter.
Beurk, je ne vais pas m'éterniser à Correns, le premier village bio de France blablabla...
Le tableau n'est cependant pas tout noir, sur la route, je traverse des parcelles de taille raisonnable, clairsemées de coquelicots et autres herbes sous les rangs, signe d'absence de désherbants. Ces parcelles sont séparées de prairies en jachère, de petits potagers, quelques rangées de lavandes, des restanques d'oliviers où pullulent papillons, abeilles et boudragues... le bio même s'il est trop souvent un argument marketing, permet cependant de préserver l'environnement. Ces paysages paysans (!) contrastent avec l'ineptie de l'agriculture intensive et destructrice.

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